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La découverte d’Al Khalij ouvrait à Elf les portes du Golfe

L’histoire d’Al Khalij, un champ d’huile situé au large de Doha a débuté dans les années 80. En 1987, des explorateurs d’Elf avaient supputé l’existence d’un piège stratigraphique, au large du QatarPays QatarShow more, dans un niveau réservoir porteur d'huile dans les Emirats et qui disparaissait vers l'est. Les données géologiques montraient que les conditions du piège étaient réunies, réservoir, pétrole prouvé, géométrie adéquate et couverture. Le domaine minier du QatarPays QatarShow more n'intéressait à l'époque personne, d'autant que tout permis d'exploration exclurait le Khuff, prouvé porteur de gaz dans le gigantesque champ du North Field. Cela restait conceptuel mais nous étions suffisamment confiants pour commencer une négociation pour le bloc 6. Elf n’était à ce moment pas du tout présent dans le Golfe, qui était historiquement le territoire privilégié de l'autre entreprise nationale pétrolière française de l’époque, Total.

Coté entreprise, le négociateur était Claude Fabre qui discutait avec le docteur Jaber Al Marri, Directeur Général de QGPC (QatarPays QatarShow more General Petroleum Company, aujourd'hui devenue QP). Un accord a été conclu pour un contrat de partage de production avec trois puits d'obligation. Une fois le contrat signé, il a fallu ouvrir la filiale à Doha. A l’époque, j’étais délégué pays pour le Brunei, l’IndonésieTotal en IndonésieShow more et la Malaisie. J’ai reçu un soir au bureau un coup de fil de Jacques Halfon, patron de l’Exploration Production de Elf. Il me proposait d'aller à Doha ouvrir la nouvelle filiale avec le poste de directeur général. Réponse souhaitée pour le lendemain matin. J’ai rapidement demandé l'accord de mon épouse, mais nous n'avons pas hésité longtemps.

Je ne connaissais pas le QatarPays QatarShow more, ni le Golfe. La ville où je suis arrivé ne ressemblait pas à la cité futuriste d’aujourd’hui. La population qatarienne comptait environ 80 000 habitants, dont une très grande partie étaient des enfants. Notre petite équipe s’est installée sur un étage de l’immeuble de QatarPays QatarShow more Assurance, un des rares immeubles existant près de l'hôtel Sheraton. Notre directeur administratif était Said Al Kawari, qatarien. L’équipe initiale comptait aussi un comptable néerlandais, Théo, une secrétaire palestinienne, Amal, un assistant qatarien du DA, Hussein et un chauffeur indien Harris.

Nous avons commencé les travaux par une campagne sismique sur l'ensemble du bloc 6, le long de la frontière avec l’Iran. Le bateau sismique s'est bien gardé de traverser la frontière pour faire son demi-tour. Sur les trois puits d'obligation, un était vraiment le puits clé. S'il prouvait le piège stratigraphique, notre pari était gagné. Nous avons choisi de forer ce puits en second, préférant commencer par une découverte quasi-certaine, mais qui serait probablement trop petite. C'est ce qui s'est passé. Nous avons prouvé notre capacité à trouver du pétrole, mais pas assez. 

Malheureusement, nous n'avons pas pu forer tout de suite le second puits. Saddam Hussein a envahi le Koweït en août 1990. La première guerre du Golfe venait d’éclater. Une période d'attente s'est ouverte, avant la riposte de la coalition internationale annoncée pour janvier 1991. Pendant ces quelques mois, la vie à Doha était différente. L'école française avait rouvert pour le trimestre, mais tout était un peu suspendu en attendant 1991. Le délai pour forer le second puits avant la riposte annoncée était trop court. Bientôt, les compagnies d’assurance ont suspendu toutes les couvertures dans le Golfe. Notre appareil de forage est parti se mettre à l'abri. L'Ambassade a organisé le rapatriement des femmes et enfants français un peu après Noël 1990, ainsi qu'un plan d'évacuation des hommes par bateau si la guerre atteignait le QatarPays QatarShow more.

A mi-janvier, les forces de la coalition ont commencé les hostilités, qui se sont terminées par la libération du Koweït et la capitulation de l'Iraq. Pendant ces six semaines, la vie à Doha était suspendue. Internet n'existait pas, il n'y avait aucune liaison aérienne et seuls le téléphone et la télévision reliaient Doha au reste du monde. J’allais régulièrement rendre visite à mes interlocuteurs qatariens, en particulier chez QGPC. "Nous n'oublierons pas les amis qui sont restés à nos côtés dans cette épreuve".

La guerre terminée, l'appareil de forage est revenu et le forage a pu commencer. Jusqu'alors, toutes les découvertes de pétrole avaient été faites dans des anticlinaux, dont les structures se retrouvaient au fond de la mer, et où les bancs d'huitres perlières s'étaient installés. L'absence de toute perle dans le bloc 6 rendaient certains qatariens très pessimistes. "On n’a jamais vu d’huîtres dans cette zone, c’est bien la preuve qu’il n’y a pas d’huile !". Au milieu de l’année 1991, nous avons pourtant mis en évidence une belle colonne d’hydrocarbures qui a été testée à 300 m3/ jour ! Nous n'avons pas pu garder le secret sur le débit du puits, qui a été commenté, et exagérément amplifié, dans toute la ville. Une nouvelle découverte de pétrole était une très bonne nouvelle pour le QatarPays QatarShow more qui a vu rapidement d'autres compagnies pétrolières nouvelles venir étudier son domaine minier et perdre des permis. C'était aussi bien entendu une bonne nouvelle pour Paris. A Doha, la découverte a été fêtée comme il convient, dans le respect des traditions françaises, des convictions de chacun et de la réglementation locale sur les quotas de boissons alcoolisées.

Il s'agissait maintenant de montrer que la découverte était commerciale, pour pouvoir passer en permis d'exploitation. Malheureusement, je n'ai pas pu rester pour cette phase. En 1992, j’ai été rappelé à Paris pour prendre le poste de chef de cabinet du Président. Ma famille a fini l'année scolaire à Doha, Nous avons tous quitté le QatarPays QatarShow more avec regret, ma femme surtout savait qu'elle n'aurait plus l'occasion de revoir ses amies qatariennes, dont je n'avais moi-même jamais vu le visage, avec lesquelles elle avait pu combler un large fossé culturel et créer de vrais liens. Les trois années à Doha restent un moment très fort dans la vie de notre famille.

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