Gaz naturel | - Total Qatar

Dolphin Energy, le démarrage d’usine le plus rapide du Moyen-Orient.

Dans le milieu pétrolier, il est assez rare de participer aux différentes étapes clés d’un projet : études d’ingénierie de base, démarrage et premières années d’opération. C’est pourtant la chance que j’ai eue avec Dolphin Energy, la société qui fournit aujourd’hui à Abu Dhabi et à Oman du gaz naturel provenant du gisement du North Field au QatarPays QatarShow more.

Le cahier des charges de ce fantastique projet était clair: il fallait mettre en place une nouvelle Operating Company, mener à bien un mega-projet qui consistait à construire deux plateformes, deux sealines de 90 km, une usine de traitement de gaz, un gazoduc de 364 km, et enfin constituer une équipe opérationnelle qui aurait pour tâche de démarrer les installations et les opérer sur une durée d’au moins 25 ans. L’usine devait produire 2 Bcf (2 milliards de pieds cubes) de gaz par jour, 100 000 barils de condensats ainsi que les produits associés : éthane, propane, butane et soufre, représentant une production journalière d’hydrocarbures de plus de 500 000 barils équivalent pétrole. C’est un chantier qu’il fallait penser et réaliser en partant de zéro. Nous étions une petite équipe portée par une passion commune et une vraie cohésion humaine.

Mon histoire avec Dolphin a duré six années au total. J’ai été d’abord impliqué sur le basic engineering du projet Dolphin de 2002 à 2004 depuis Paris pour élaborer la philosophie opératoire et contribuer au cahier des charges du projet pour les besoins relatifs au commissioning et au start-up des installations offshore et onshore. A la fin du Basic Engineering, j’ai quitté le Projet pendant la phase de detailed Engineering qui fut menée au JaponTotal au japonShow more. Mais je fus rappelé en 2006 au moment où se finalisait la construction des plateformes et de l’usine. Je pris alors la fonction de chef d’exploitation, avec en particulier la charge d’organiser et mener à bien le démarrage de l’ensemble des installations. Après avoir finalisé le démarrage, j’ai pris en charge en 2008 la division technique de Dolphin Energy pour organiser et mettre en œuvre les premiers arrêts de maintenance et d’inspection et régler les problèmes techniques qui avait pu apparaitre durant les premiers mois d’opération.

Nous sommes plusieurs ingénieurs de Total à avoir été embarqués dans cette aventure sur de très nombreuses années. Je pense en particulier à deux personnes avec qui j’ai passé des heures passionnantes et enthousiasmantes de travail pendant plus de quatre ans. Josian Du Buisson a rejoint le projet dès les études préliminaires pour élaborer l’ensemble du schéma de procédés et il a suivi l’ensemble de la vie du projet jusqu’au démarrage des installations en tant que Technical Manager. Michel Raymond, quant à lui, a pris le poste d’Operations Manager en fin de basic Engineering pour constituer les équipes  et diriger ensuite l’ensemble des opérations jusqu’à la fin du démarrage. Lors des études d’ingénierie de base en 2002, je fus le premier à représenter les futures équipes d’opération. Le 23 Juin 2007, jour du ‘’gas-in’’ dans l’usine, les équipes d’opérations dénombrait 584 personnes : un sacré challenge que Michel Raymond avait relevé entre 2004 et 2007 en procédant à des recrutements dans toutes les régions du monde où l’on pouvait trouver des opérateurs expérimentés (Moyen-Orient, Asie, Afrique du Nord, Europe et Amérique).

Dans un tel projet, le point d’orgue pour les équipes d’Opérations, est la phase de démarrage, lorsque l’on commence à ouvrir les puits et que la mission consiste à produire les produits commerciaux le plus vite possible. Sur le projet Dolphin, cela débuta au début de l’été 2007. Le 22 Juin, nous ouvrîmes les puits de la plateforme DOL2. Le jour suivant, après la pressurisation de la sealine à 120 bars, nous ouvrîmes les vannes à l’entrée de l’usine. Quatre jours plus tard les condensats étaient produits aux spécifications et étaient dirigés vers les bacs de stockage nouvellement construits. Trois jours plus tard, le gaz était prêt pour export vers Abu Dhabi. En raison de problèmes de démarrage des compresseurs d’export, il fallut attendre une semaine de plus pour que les premières molécules de méthane provenant du gisement du North Field circulent dans le pipeline allant à Abu Dhabi. A l’exception d’une journée (le 11 Juillet 2007 pour résoudre un problème de blocage dans une colonne), le gaz a ensuite circulé de manière continue vers Abu Dhabi durant toute la période de démarrage. C’est ainsi que nous avons réalisé le démarrage le plus rapide d’un projet  pétrolier au Moyen-Orient ! Toutes les équipes étaient très fières. A la date du 7 Juillet, nous n’avions néanmoins démarré qu’une quinzaine d’unités de traitement pour produire gaz et condensats; il en restait encore une cinquantaine à démarrer pour produire éthane, propane, butane, soufre et exporter à pleine capacité. Cela prit place entre Juillet 2007 et début 2008 au fur et à mesure que le Projet nous délivrait les installations. Sur la période qui court de septembre à décembre 2007, nous avons atteint 95 % de fiabilité. C’est assez unique durant une phase de démarrage.

Les secrets de cette réussite sont nombreux : le premier est lié au choix de l’architecture de l’usine de traitement que Josian avait conçue pour que le procédé soit le plus simple possible entre l’entrée du gaz et l’export vers Abu Dhabi. Nous avions aussi utilisé des principes de démarrage classiquement utilisé dans le raffinage tel que le pré démarrage des unités de traitement des condensats avec du diesel et l’incorporation dans le procédé de vannes de détournement des produits hors spécification, pour démarrer les unités de l’usine par étape. Et il faut enfin bien évidemment mettre en exergue la qualité du travail de construction et de commissioning réalisé par les équipes Projet de Philippe Persillon, entièrement mené selon les spécifications et méthodologies Total. C’est ainsi que le succès du démarrage des installations Dolphin fut sans conteste un succès des équipes Dolphin, mais aussi une réelle démonstration du savoir-faire Total, pour la conception et l’opération d’installations pétrolières.

Un autre succès opérationnel du démarrage fut la gestion de la sécurité. Aucun accident n’eut lieu dans les zones de démarrage alors qu’il y avait encore 6000 personnes sur le chantier lors de la première semaine de démarrage. Le dernier succès, et non des moindres, fut enfin la rentabilité de Dolphin. Lors du lancement en 2003, le prix de l’acier était très bas et nous avions reçu des offres des contacteurs de construction à un niveau très compétitif car les sociétés de construction étaient en demande de contrats. Quand la production de Dolphin a démarré en 2007 et 2008 le prix du baril était monté à plus de 100$ ! Tout cela nous a permis de rembourser les investissements en seulement un an et demi !

Mes souvenirs les plus marquants de cette époque ne sont néanmoins pas techniques. L’aventure de ce démarrage fut avant tout humaine. Pendant la phase de démarrage, nous partions à 6 heures du matin avec Josian pour rejoindre l’usine située à une heure de route de Doha. Nous avions alors beaucoup de temps pour parler du démarrage en cours bien entendu, des problèmes techniques, mais aussi de bien d’autres choses. Lorsque l’on approchait de Ras Laffan durant les deux premières semaines de démarrage, nous apercevions de très loin la torche qui témoignait du démarrage en cours! Nous réalisions alors que nous travaillions sur un chantier sensationnel, en particulier par le débit particulièrement important de gaz traité dans nos installations. Je me rappelle également de longues discussions avec Michel Raymond durant lesquelles nous partagions nos expériences passées dans le but de mettre en œuvre la meilleure organisation opérationnelle possible. L’acquis principal de cette période de ma vie est qu’il n’y a pas de problème sans solution si l’on fait partie d’une équipe soudée capable d’échanger sur tout sujet dans une atmosphère de confiance totale.

La solidarité au sein de l’équipe d’Operations était une force partagée par tous, pas seulement parmi les détachés Total. C’est ainsi que je garde aussi un souvenir extraordinaire de la collaboration avec nos collègues Qataris qui nous ont accompagnés durant cette aventure, puis qui nous ont succédé aux commandes des équipes de Dolphin QatarPays QatarShow more. Les premiers qui ont rejoint l’équipe du Projet Dolphin étaient Ali Al Rhabi, Jassim Al Jasmi et Ahmed Al Jumaily. Ils sont arrivés, jeunes ingénieurs, à Paris en 2003 pendant les études d’ingénierie. Aujourd’hui ils font tous les trois partie de l’équipe dirigeante de Dolphin QatarPays QatarShow more, sous la houlette de Hassan Al Emadi qui occupe la fonction de General Manager. Ce dernier fut d’abord membre de l’équipe forage dirigée par Jean-Claude Choux puis adjoint de Michel Raymond, et enfin mon chef, Vice-President Operations, durant mes deux dernières années chez Dolphin. L’année dernière, en 2017, lors d’un voyage professionnel au QatarPays QatarShow more, je suis passé les saluer dans les bureaux de Dolphin Energy. Devinez de quoi nous avons parlé ?  De l’expérience fascinante que nous avons tous partagée en 2007, le démarrage de Dolphin….

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